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12 novembre 2020 – Mise à jour du gouvernement provincial face à la pandémie de la COVID-19

Voici un état de la situation quant aux récentes décisions et actions du gouvernement québécois en lien avec la pandémie de la COVID-19.

Des semaines difficiles à venir

Alors que la deuxième vague de la pandémie de la COVID-19 atteint des niveaux supérieurs de jour en jour partout dans le monde, le premier ministre du Québec, François Legault, prévient que les prochaines semaines seront « critiques » pour les Québécoises et les Québécois.

Le chef du gouvernement admet que la deuxième vague mondiale est « très, très forte » quand on analyse les chiffres de la pandémie autant en Europe, qu’aux États-Unis, et encore plus dans les États américains du Nord-Est.

Le nombre de cas et d’hospitalisations est en croissance exponentielle. « En France, c’est encore plus dramatique. Hier, il y avait 32 000 personnes hospitalisées à cause de la COVID-19. Au Québec, ça voudrait dire 4 000 hospitalisations au lieu des 500 actuelles. C’est huit fois plus que nous. Notre réseau de la santé n’est pas capable de supporter ça », avertit M. Legault.

Pour lui, la situation est inquiétante et angoissante, et rien ne peut garantir quelle sera la situation au Québec dans une ou deux semaines. L’appel du chef du gouvernement est clair : la population doit respecter les consignes sanitaires.

Détérioration de la situation dans les écoles

Alors que les éclosions de contagion se produisent principalement dans les milieux de travail et à l’école, la situation se détériore rapidement dans le milieu scolaire où, en deux jours seulement, quelque 324 classes ont été fermées, ce qui porte le total à 1 174.

La situation est inquiétante, admet M. Legault qui réaffirme cependant sa volonté de maintenir les écoles ouvertes pour offrir aux enfants un cadre de vie et d’instruction plus normal, malgré le contexte exceptionnel.

Avec le temps des Fêtes qui approche, le premier ministre confirme que le gouvernement évalue la possibilité de prolonger le congé scolaire pour éviter de relancer les éclosions lors du retour en classe.

Au sujet de la recommandation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de diviser les classes en deux, M. Legault réplique que c’est une belle théorie, mais qu’en pratique il faudrait deux fois plus de classes et de personnel enseignant, ce qui n’est pas envisageable ni possible au Québec.

Assouplissement pour les Fêtes

Malgré le maintien des mesures actuelles en raison de l’alerte maximale (zone rouge), le gouvernement songe à assouplir les restrictions de rencontres familiales et amicales pour le temps des Fêtes.

« Il n’y aura pas de grands rassemblements », prévient M. Legault en indiquant que, selon ce que l’on voit dans d’autres pays, il sera possible de permettre la réunion de deux familles et d’amis.

La décision n’est pas encore prise. Elle dépendra de l’évolution de la pandémie dans les prochaines semaines.

Le directeur national de la Santé publique, le docteur Horacio Arruda, précise que l’objectif est de permettre un « Noël familial, adapté et en santé ».

Situation moins critique dans les CHSLD

Même si le nombre de cas demeure stable, tout comme les hospitalisations, depuis six semaines, le nombre de décès a augmenté de façon importante au cours des derniers jours, ce qui inquiète le premier ministre.

M. Legault rappelle que, ce printemps, la moyenne de décès sur sept jours était de 128, dont 89 dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), alors que pour la dernière semaine, elle est de 23 décès, dont 11 dans les résidences pour aîné(e)s.

« On n’est pas du tout dans la situation qui s’est passée au printemps », fait-il remarquer.

Déficit et plan de relance

Le ministre des Finances, Éric Girard, a présenté pour la première fois depuis le début de la pandémie un portrait de la situation économique et financière du Québec en confirmant un déficit anticipé de 15 G$ et un plan de relance de 1,5 G$.

Exceptionnellement, en raison de la période d’incertitude causée par la pandémie mondiale qui a engendré la plus importante récession économique à travers le globe depuis la Deuxième Guerre mondiale, le cadre financier portera sur trois ans plutôt que cinq. Le ministre prévoit un déficit de 8,3 G$ l’an prochain et de 7 G$ l’année suivante.

Les revenus autonomes ont chuté de 3 G$ (-3,6 %) par rapport à l’an dernier, alors que les transferts fédéraux ont bondi de 20 % en raison de l’aide d’Ottawa pour la pandémie. Les revenus ont ainsi globalement augmenté de 1,5 %, mais les dépenses de 13,1 % en raison notamment des mesures prises dans le secteur de la santé en rémunération et achat d’équipements. Le PIB réel chutera de 6 % cette année et augmentera de 5 % l’an prochain, selon les projections du gouvernement.

Formation de main-d’œuvre et relance ciblée

Même si 97 % des emplois ont été retrouvés depuis le confinement national du printemps, Québec injectera 459 M$ dans la formation de la main-d’œuvre pour permettre la requalification des personnes qui ont perdu leur emploi à cause de la pandémie.

Quelque 477 M$ seront injectés pour « stimuler la croissance économique », précise le ministre des Finances, Éric Girard, tandis que 300 M$ seront ajoutés au Plan pour une économie verte, qui atteindra ainsi 6,7 G$. Il sera dévoilé prochainement par le ministre de l’Environnement.

Une somme de 247 M$ sera dédiée, sur trois ans, à la production québécoise et l’achat local. Quelque 50 M$ serviront à la relance des centres-villes et 60 M$ pour l’industrie touristique