| Actualités

23 avril 2020 – Mise à jour des gouvernements face à la pandémie de la COVID-19

Dans le contexte exceptionnel de l’état d’urgence sanitaire actuel, voici un état de situation quant aux récentes décisions et actions des gouvernements fédéral et provincial en lien avec la pandémie de la COVID-19.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, accepte la demande du gouvernement québécois pour envoyer des militaires prêter main-forte dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHLSD) et annonce une aide de 1,1 milliard de dollars en recherche et développement pour un vaccin et un traitement curatif pour la COVID-19.

Le premier ministre du Québec, François Legault, indique que la situation continue à se détériorer dans les CHSLD, mais qu’il faut garder espoir. Plus de 9 500 personnes du milieu de la santé sont absences du travail actuellement, ce qui comprend le milieu hospitalier.

« Nous avons besoin de bras »

Le premier ministre Legault plaide l’urgence de la situation pour justifier la demande d’intervention des militaires dans les CHSLD parce que, chaque jour, il y a de plus en plus de personnel du milieu de la santé qui s’absente du travail.

« Juste hier, 800 personnes se sont ajoutées sur la liste des absences », indique-t-il. Ces personnes sont infectées, malades, en retrait préventif ou en quarantaine.

Même si 1 000 militaires sont demandés par Québec, la demande est en cours d’évaluation par le fédéral.

Mesure temporaire dans les CHSLD

Sur un ton solennel, M. Trudeau dit que dans un pays comme le Canada, nos militaires ne devraient pas prendre soin de nos aîné(e)s. « On doit faire mieux. Parce qu’on laisse tomber nos parents, nos grands-parents, nos aîné(e)s, ceux qui ont bâti notre pays. On doit s’occuper d’eux comme ils le méritent. »

Le premier ministre canadien qualifie cette situation de « tragédie épouvantable » et « inacceptable », et qu’il faudra « examiner comment on en est arrivé là ».

M. Legault note que la même situation pour les aîné(e)s est observée dans les grandes villes et les pays industrialisés. Il estime que ce « n’est pas le temps de chercher à trouver des coupables. Il faut se serrer les coudes, ne pas se laisser abattre et relever nos manches pour les plus vulnérables. On leur doit ça », ajoute-t-il.

Course au vaccin et traitement

Le gouvernement canadien crée une force d’intervention pour développer un vaccin et un traitement curatif, dotée d’un financement de 1,1 milliard de dollars, pour contrer la pandémie de la COVID-19.

Trois volets de recherche sont créés pour :

  • la recherche de vaccins et de traitement (115 M$)
  • les essais cliniques pour en valider les résultats (662 M$)
  • le développement de test pour modéliser l’évolution de la maladie (350 M$)

« Les conclusions de la recherche vont nous aider à faire plusieurs choses, que ce soit de rendre un vaccin accessible ou de déterminer quelles mesures de santé publique sont les plus efficaces » explique M. Trudeau.

Retour à la vie normale

Le premier ministre canadien dit que ces efforts de déconfinement sont essentiels sans quoi il sera impossible de retourner à une vie normale.

Il faudra que la population soit testée pour connaître le niveau d’immunité communautaire. Le Canada, en suivant l’avis de ses experts en santé, coordonnera avec les provinces les principes et les mesures de déconfinement selon la propagation dans les différentes réalités dans les régions du pays.

Réouverture graduelle 

Le premier ministre Legault précise que la réouverture des écoles et des entreprises, qui sera autorisée graduellement et par régions, sera annoncée la semaine prochaine.

« Nous allons présenter un calendrier pour les semaines suivantes », précise-t-il. Le suivi de la propagation avec le déconfinement progressif permettra d’évaluer les effets et de déterminer la progression ou la régression des mesures d’ouverture.

Concept d’immunité naturelle

Le premier ministre québécois explique le concept d’immunité naturelle de la population pour faire valoir l’importance d’une reprise graduelle et mesurée des activités, car la COVID-19 est un virus très puissant.

Son facteur de contagion est de l’ordre du double ou quadruple, par personne. Ainsi, en prenant la contagion la plus faible, de 2, chaque personne infectée en contamine deux et ainsi de suite. La contagion est alors exponentielle. On passe à 2, à 4, à 8, à 16, à 32 et ainsi de suite. Il faut réduire cette dynamique, disons à 1 pour 1. La contagion est alors fortement ralentie, ce qui permet au réseau de la santé de ne pas être débordé.

En rouvrant les écoles et les entreprises graduellement, on pourrait favoriser la création d’une immunité communautaire contrôlée.

Enfants protégés

La situation de la pandémie au Québec est sous contrôle partout sauf dans les résidences pour personnes âgées. « L’ensemble des décès (97 %) touche les personnes de 60 ans et plus. Les personnes plus jeunes sont très peu à risque », observe M. Legault.

Les enfants ne serviront pas de cobayes avec la réouverture des écoles, assure-t-il. Selon les experts en santé du gouvernement, on ne peut pas attendre à l’automne pour autoriser le déconfinement d’un seul coup. Les risques d’une deuxième vague de contagion seraient alors trop grands, faute d’immunité naturelle dans la communauté en général.

Aide aux municipalités

M. Trudeau précise que le gouvernement fédéral soutiendra les municipalités en collaboration avec les provinces durant la pandémie qui impose des fardeaux financiers et logistiques à tous les paliers de gouvernements.